Résumé

Une fibrillation atriale de novo (FAN)survient chez 4,5 à 11% des patients admis en réanimation et peut atteindre 46% chez des patients en choc septique. Si la morbidité associée à la FAN semble acquise (instabilité hémodynamique, accident vasculaire cérébral, allongement de la durée de séjour), les données de la littérature concernant l’association d’une FAN à la mortalité restent débattues. Les recommandations actuelles émanant des sociétés internationales de rythmologie sont plutôt en faveur d’un contrôle de la fréquence cardiaque en cas de retentissement hémodynamique plutôt qu’un contrôle du rythme cardiaque. Dans ce dernier cas, on pourrait proposer un bétabloquant de durée d’action courte pour bloquer l’activation sympathique présente en phase aiguë du choc septique. Il faut, quelle que soit la stratégie adoptée, identifier et contrôler les facteurs de risques de FAN, notamment les troubles hydro-électrolytiques. L'anticoagulation se discute en cas de retour en rythme sinusal et pourrait dépendre des scores de risques thrombo-emboliques (CHA2DS2VASc) et hémorragiques (HAS-BLED) mais aussi du risque individuel du patient. Le risque d’AVC à moyen et long terme de ces patients même après un retour en rythme sinusal reste présent et nécessite sans doute un suivi régulier pour traquer les FA silencieuses.

Mots-clés : Fibrillation atriale · choc septique · Traitement antiarythmique · Réanimation

Abstract

New-onset atrial fibrillation (NAF) occurs in 4.5 to 11% of patients admitted to the intensive care unit (ICU) and can occur in up to 46% of patients with septic shock. The morbidity associated with NAF is well established (hemodynamic instability, stroke, increased length of stay), but data are lacking regarding the impact of new-onset AF on mortality in these patients. Guidelines for rhythm management from professional societies recommend preferentially controlling heart rate in case of hemodynamic repercussions, rather than rhythm control. In this latter case, a short-acting beta-blocker seems a valuable option (e.g. esmolol) to block sympathetic activation, which is particularly active at the acute phase of septic shock. Regardless of the strategy chosen, the risk factors for NAF should be identified and controlled, particularly water-electrolyte imbalance. Anticoagulation can be considered if the patient returns to sinus rhythm, and may depend on thrombo-embolic risk (CHA2DS2VASc) and bleeding risk scores (HAS-BLED).. The risk of stroke persists in the medium and long-term in these patients, even after a return to sinus rhythm, and requires regular follow-up to screen for silent AF.

Keywords: Atrial fibrillation · Septic shock · Antiarrhythmic agents · ICU