Résumé

Le rétrécissement aortique est la valvulopathie acquise la plus fréquente. Quand il devient serré et symptomatique, la mortalité à 2 ans est proche de 80% en l’absence de prise en charge. Le traitement repose sur le remplacement valvulaire, historiquement réalisé par voie chirurgicale. L’avènement des procédures percutanées par cathétérisme cardiaque TAVI (Trans-catheter Aortic Valve Implantation) a tout d’abord permis de traiterdes patients jugés inopérables, puis avec l’avancée des connaissances cette procédure s’est étendue aux populations à risque chirurgicale élevépuis intermédiaire, et a même été validée chez les patients à bas risque aux Etats-Unis suite à de grandes études multicentriques. Le principe consiste à implanter une bioprothèse aortique suturée sur un stent directement au sein de la valve native calcifiée, soit par un procédé de dilatation au ballonnet, soit par un procédé auto-expansé. Le TAVI présente l’avantage d’une procédure peu invasive, le plus souvent réalisée sous anesthésie locale et sédation, et une durée de séjour courte. La récupération fonctionnelle est plus rapide qu’après chirurgie cardiaque conventionnelle.Un autre avantage par rapport à la chirurgie cardiaque conventionnelle est un moindre taux de complications graves (choc cardiogénique, saignement majeure, accident vasculaire cérébrale, insuffisance rénale, décès toute cause). En revanche certaines complications sont plus spécifiques du TAVI comme l’apparition d’un trouble conduction de haut degré nécessitant la pose d’un pacemaker, et l’existence de complications vasculaires. La surveillance en soins intensifs en découlant est donc plus courte qu’après chirurgie et doit probablement être personnalisée selon le risque du patient.

L’utilisation du TAVI chez les sujets à risque et/ou âgés semble parfaitement implanté en France. L’extension des indications à des sujets à bas risque et plus jeunes n’est pas encore autorisée en France et en Europe.  L’étude de la durabilité des bioprothèses implantées par voie percutanée à long terme nécessite des investigations supplémentaires.

Mots-clés : TAVI · Rétrécissement Aortique

Abstract

Aortic stenosis is the most common acquired valve disease. Whileit becomes tight and symptomatic, mortality at 2 years is close to 80% in the absence of treatment. The treatment requires valve replacement, historically performed surgically. The development of percutaneous procedures by Trans-catheter Aortic Valve Implantation (TAVI) made it possible to treat patients previouslyconsidered inoperable. With the increase in understanding, this procedure was extended to populations at high and intermediate surgical risk, and was even validated in low-risk patients in the United States. The principle consists in implanting an aortic bioprosthesis, sutured on a stent, directly on the existing valve, either by a balloon dilatation process or by a self-expanding process. TAVI has the advantage of a minimally invasive procedure, most often performed under local anesthesia and sedation, and a short length of stay. Functional recovery is faster than after cardiac surgery. Another advantage over conventional cardiac surgery is a lower rate of serious complications (cardiogenic shock, major bleeding, stroke, kidney failure, all-cause death). On the other hand, some complications are more specific to TAVI, such as the appearance of a high degree conductive disorder requiring the implantation of a pacemaker, and the existence of vascular complications. The resulting intensive care monitoring is therefore shorter than after surgery and should probably be customized according to the patient's risk.

The use of TAVI in at-risk and/or elderly subjects seems to be well established in France. The extension of indications to low-risk and younger subjects is not yet authorized in France and Europe. The study of the durability of percutaneously implanted bioprostheses in the long term requires further investigation.

Keywords: TAVI · aortic stenosis