Résumé

Le nombre de patients d’onco-hématologie admis en réanimation n’a cessé d’augmenter au cours des vingt dernières années. Avec la diminution de la mortalité à court terme et l’émergence des politiques d’admission élargies, la question de l’impact de la réanimation sur le projet de soins est devenue de plus en plus importante. Dans ce contexte, la reprise du traitement anti-cancéreux apparaît un élément essentiel pour l’amélioration de la survie et la qualité de vie à moyen ou long terme. En dehors de la chirurgie programmée, deux situations doivent être individualisées : les patients n’ayant pas d’indication à la poursuite ou à l’initiation d’un traitement et les patients ayant une indication formelle ou théorique à une thérapeutique. Plusieurs facteurs peuvent concourir à la modification du projet thérapeutique antérieur, tels que la maladie cancéreuse en elle-même, l’état général du patient, ses souhaits personnels et la persistance d’une ou plusieurs défaillances d’organe. Il est alors essentiel de distinguer les réelles impasses thérapeutiques de situations plus complexes où les nouveaux médicaments anti-cancéreux (immunothérapie, thérapies ciblées) pourraient modifier la trajectoire des patients. La collaboration avec est essentielle, pour cibler les patients pouvant bénéficier au mieux de la réanimation et implémenter des mesures qui permettront de préparer l’après réanimation.

Mots-clés : Chimiothérapie · pronostic · cancer · réanimation

Abstract

There is a complex interplay that exists between critical care and oncology. With broadening patient eligibility criteria and increasing complexity of cancer care, an increasing proportion of oncology patients develop critical illness. We are only starting to understand the impact of an oncologic diagnosis on critical care survival. Furthermore, given improved critical care outcomes across this population, an increasingly important question surrounds how critical care survival impacts a patient’s ongoing candidacy for oncologic care. Apart from planed surgery, two situations must be individualized: patients with no indication for the continuation or initiation of treatment and patients with a formal or theoretical indication for therapy. Modification in the systemic oncology treatment plan can be explain by several factors, such as the cancerous disease itself, patient’s general status, his personal wishes and residual organ dysfunction. It is therefore essential to distinguish therapeutic impasses from more complex situations in which new anti-cancer drugs (immunotherapy, targeted therapies) could modify patients’ trajectories. The collaboration between oncologist and intensivist then holds its place, in order to better target the patients who can benefit the most from resuscitation and to implement measures that will allow them to be prepared for ICU discharge.

Keywords: Chemotherapy · prognosis · cancer · intensive care unit