Résumé
Les réanimateurs sont régulièrement amenés à donner des avis en dehors de leur service. Deux circonstances distinctes sont à l’origine de ces consultations et les enjeux éthiques en sont très différents. Dans le premier cas il s’agit d’évaluer l’état clinique d’un patient avec une défaillance d’organe ou à risque de dégradation. C’est alors une expertise technique qui est demandée, comme pour tout autre spécialiste d’organe. Dans la deuxième circonstance, la demande est une discussion de limitation et/ou d’arrêt de traitement. Qu’il intervienne comme consultant extérieur afin d’assurer une collégialité ou pour son aptitude à gérer les limitations, cette activité si elle est indispensable, peut s’avérer chronophage et source de conflit éthique. Particulièrement lors des périodes de garde pendant lesquelles elle peut être répétée, cette mission peut apparaitre comme ingrate et être source de burn-out. Afin d’éviter ces difficultés différentes solutions sont possibles : la discussion des projets de soins en amont de l’urgence avec implication du patient et rédaction de directives anticipées, une gestion plus explicite des appels afin de distinguer au mieux ce qui relève de l’avis ou de l’aide à la décision de limitation ; la formation sur l’intensité des soins de réanimation auprès des plus jeunes médecins.
Mots-clés : éthique · limitation des traitement · loi
Abstract
Intensivists are often called upon in wards or emergency departments for advice. These requests typically occur in two distinct circumstances, each presenting different ethical considerations. The first scenario involves assessing the clinical condition of a patient with organ failure. In such cases, expertise in life sustaining therapies is necessary, like any other organ specialist. The second circumstance concerns requests to withhold or withdraw treatment. Beyond legal requirements for collegiality, intensivists may be called upon to make decisions regarding treatment limitations. While essential, this often underestimated activity can lead to ethical conflicts and contribute to burnout, especially during on-call periods when such requests are frequent. To mitigate these challenges, several solutions are proposed: anticipating goals of care definition, patient involvement with advance directives, clearly distinguishing between requests for advice and treatment limitations, and providing training in intensive care management for junior doctors.
Keywords: ethics