Résumé

Les infections à CMV sont fréquentes avec une séroprévalence estimée à 42% en France. Après la primo-infection, le virus persiste à l’état latent et peut se réactiver à l’occasion notamment d’une immunosuppression cellulaire T. Le diagnostic repose sur la sérologie pour la primo-infection et la PCR CMV pour la réactivation. Les atteintes d’organe varient en fonction du terrain, avec de fréquentes atteintes hématologiques et digestives. Trois situations doivent être connues du réanimateur : celle d’une primo-infection chez un immunocompétent, exceptionnellement grave (notamment syndrome de Guillain Barré, syndrome d’activation macrophagique, hépatite aigue), celle d’une primo-infection ou d’une réactivation d’un virus latent chez un patient immunodéprimé, la population la plus à risque étant les patients greffés de moelle et d’organe solide avec des stratégies préventives dédiées compte-tenu des effets directs du virus mais aussi d’effets indirects immunologiques, et celle de la réplication du CMV latent chez un patient en réanimation. Le traitement repose sur les antiviraux inhibiteurs de l’ADN polymérase virale (ganciclovir, valganciclovir, foscavir). D’autres antiviraux (maribavir, letermovir) sont en cours de positionnement dans l’arsenal thérapeutique.

Mots-clés : Cytomégalovirus · primo-infection · réactivation de virus latent · immunosuppression · transplantation d’organe solide

Abstract

CMV infections are common, with seroprevalence estimated at 42% in France. After primo-infection, the virus persists in a latent state, and can be reactivated in patients with T-cell immunosuppression. Diagnosis is based on serology for primary infection and CMV PCR for reactivation. Organ involvement varies according to the patient's condition, with frequent hematological and digestive disorders. Physicians working in intensive care units need to be aware of three situations: primo-infection in an immunocompetent patient, exceptionally severe (notably Guillain-Barré syndrome, macrophage activation syndrome, acute hepatitis), primo-infection or reactivation of a latent virus in an immunocompromised patient, the most at-risk population being marrow and solid organ transplant patients, with dedicated preventive strategies given the direct effects of the virus but also indirect immunological effects, and latent CMV replication in an intensive care patient. Treatment is based on antiviral inhibitors of viral DNA polymerase (ganciclovir, valganciclovir, foscavir). Other antivirals (maribavir, letermovir) are currently being added to the therapeutic arsenal.

Keywords: Cytomegalovirus · primo-infection · reactivation of a latent virus · immunosuppression · solid organ transplant