Résumé

Les néphrites tubulo-interstitielles (NTIA) représentent la deuxième cause de maladie rénale intrinsèque. Si elles sont fréquentes, leur diagnostic est ardu car tant les manifestations cliniques que les analyses urinaires peuvent être pauvres, au point de se confondre avec le tableau de nécrose tubulaire. Aussi son diagnostic réclame une démarche raisonnée et le plus souvent le recours à la biopsie rénale lorsque celle-ci est possible, car elle seule est à même de poser formellement le diagnostic. Les enjeux sont majeurs et multiples. Faute de diagnostic prompt, et de prise en charge thérapeutique adéquate, il existe un risque élevé d’évolution vers la maladie rénale chronique. L’autre implication dérive de la démarche diagnostique étiologique. Les NTIA sont le plus souvent d’origine médicamenteuse. Cependant la sanction thérapeutique qui consiste en l’exclusion définitive du médicament suppose que le diagnostic ait été posé à bon escient. A côté des causes médicamenteuses, de nombreuses pathologies dysimmunitaires peuvent se traduire par une NTIA notamment la sarcoïdose, la maladie de Gougerot Sjögren et le TINU syndrome. Compte tenu des manifestations extra-rénales te leurs complications propres, ces diagnostics différentiels ne doivent pas être occultés. Enfin, plus rarement des pathologies lymphoprolifératives, des causes toxiques non médicamenteuses ou environnementales peuvent être identifiées.

Mots-clés : Insuffisance rénale aiguë · Dysfonction immunitaire · Mécecine intensive réanimation

Abstract

Tubulointerstitial nephritis (TIN) represents the second most common cause of intrinsic renal disease by incidence. Despite its prevalence, diagnosis is challenging because both clinical manifestations and urinalysis may be inconspicuous, often resembling the presentation of tubular necrosis. Therefore, a thorough diagnostic approach is required, most often it will necessitate a kidney biopsy when feasible, as it is the only definitive diagnostic tool. The implications are significant and multifaceted. Without prompt diagnosis and appropriate therapeutic management, there is a high risk of progression to chronic kidney disease. Another crucial aspect concerns the etiological diagnostic approach. TIN is most frequently drug-induced. However, the therapeutic measure of permanently discontinuing the implicated drug necessitates a well-substantiated diagnosis. In addition to drug-induced causes, various dysimmune disorders can manifest as TIN, notably sarcoidosis, Sjögren's syndrome, and TINU syndrome. Considering their extra-renal manifestations and associated complications, these differential diagnoses should not be overlooked. Lastly, although less common, lymphoproliferative disorders, non-drug-related toxic causes, or environmental factors can also be identified.

Keywords: Acute kidney injury (AKI) · Immune dysfunction · ICU