Résumé

L’hyperéosinophilie (HE) (> 1.5 x 109/L) n’est pas exceptionnelle et n’est pas à négliger en contexte d’urgence vitale. En effet, toute HE (quelle que soit son taux et sa cause) peut être responsable de lésions viscérales liées à la toxicité des polynucléaires éosinophiles (PNE). Alors que la peau est l’organe le plus souvent atteint, le pronostic vital et fonctionnel peut être engagé en cas d’atteinte cardiaque, respiratoire, vasculaire ou neurologique. Le bilan étiologique doit être raisonné et adapté au délai d’apparition de l’HE et à la gravité du retentissement viscéral suspecté. En cas de suspicion d’atteinte viscérale induite par l’HE, la démarche diagnostique ne doit pas retarder la mise en place de thérapeutiques d’urgence (corticothérapie, déparasitage +/- anticoagulation), auxquelles s’associera dès que possible un traitement étiologique.

Mots-clés : Eosinophilie · Hyperéosinophilie · Syndrome hyperéosinophilique · Soins intensifs

Abstract

Hypereosinophilia (HE) (> 1.5 x 109/L) is not rare and should not be neglected in life-threatening emergencies. Rather, HE (whatever the underlying cause) can be responsible for life and/or organ-threatening manifestations (especially in case of cardiac, respiratory, vascular, or neurologic involvement). Complementary investigations should be tailored according to the timing of onset of HE and to the severity of symptoms. In case of organ or life-threatening organ involvement induced by HE, the etiological workup should not delay the implementation of emergency therapies (i.e., corticosteroids, antiparasitic drugs +/- anticoagulants), along with the treatment of the underlying condition whenever possible.

Keywords: Eosinophilia · Hypereosinophilia · Hypereosinophilic syndrome · Intensive care unit