Résumé

Objectif :

Les exacerbations aigues de BPCO (EABPCO) sont hétérogènes et ne devraient pas être traitées de manière uniforme. La nouvelle approche consiste à identifier des caractéristiques traitables (comme des phénotypes et endotypes) afin d’adapter le traitement corticostéroïde systémiques, qui semble surtout bénéfiques dans les formes éosinophiliques.

L'article vise à promouvoir une approche personnalisée de la corticothérapie systémique dans les EABPCO, en remettant en question la prescription systématique au profit d'une stratification basée sur l'éosinophilie sanguine comme biomarqueur prédictif de bénéfice, tout en tenant compte de l'hétérogénéité phénotypique des exacerbations

Méthodes :

Il s'agit d'une revue narrative intégrant des données d'essais cliniques randomisés (ERC), d'études observationnelles rétrospectives et prospectives, ainsi que d'analyses post-hoc sur l'efficacité et les risques de la corticothérapie chez des patients hospitalisés ou en réanimation, avec un focus sur les endotypes inflammatoires (bactérien, viral, éosinophilique, pauci-inflammatoire)

Résultats :

Les corticostéroïdes systémiques améliorent la fonction respiratoire dans les EABPCO modérées mais n'impactent pas la mortalité en réanimation sévère.  L’éosinophilie sanguine (≥2% ou ≥300/µL) prédit un meilleur pronostic et une réponse supérieure aux corticoïdes. Les études disponibles démontrent la non-infériorité d'une stratégie d'épargne (réduction de 33-49% des prescriptions sans augmentation du risque d'échec thérapeutique). 

Conclusion :

La prescription corticoïde personnalisée guidée par l'éosinophilie sanguine s'impose pour optimiser les bénéfices et minimiser les risques de la corticothérapie dans les EABPCO, réservant les corticoïdes aux endotypes de type 2. Des défis logistiques persistent, mais cette médecine de précision marque un changement de paradigme par rapport au "one size fits all".

Mots-clés : BPCO · Corticoïdes · Eosinophile · Inflammation type 2 · Médecine de précision

Abstract

Objective: 

Acute COPD exacerbations (AECOPD) are heterogeneous and should not be treated uniformly. The new approach involves identifying treatable traits (such as phenotypes and endotypes) to tailor systemic corticosteroid treatment, which appears particularly beneficial in eosinophilic forms.
The article aims to promote a personalized approach to systemic corticosteroid therapy in AECOPD, challenging routine prescription in favor of stratification based on blood eosinophilia as a predictive biomarker of benefit, while considering the phenotypic heterogeneity of exacerbations.

Methods:
This is a narrative review integrating data from randomized clinical trials (RCTs), retrospective and prospective observational studies, as well as post-hoc analyses on the efficacy and risks of corticosteroid therapy in hospitalized or ICU patients, with a focus on inflammatory endotypes (bacterial, viral, eosinophilic, pauci-inflammatory).

Results:
Systemic corticosteroids improve respiratory function in moderate COPD exacerbations but do not impact mortality in severe ICU cases. Blood eosinophilia (≥2% or ≥300/µL) predicts a better prognosis and superior response to corticosteroids. Available studies demonstrate the non-inferiority of a corticosteroid-sparing strategy (reduction of 33-49% in prescriptions without increased risk of treatment failure).

Conclusion:
Personalized corticosteroid prescription guided by blood eosinophilia is essential to optimize benefits and minimize risks of corticosteroid therapy in AECOPD, reserving corticosteroids for type 2 endotypes. Logistical challenges persist, but this precision medicine approach marks a paradigm shift from the "one size fits all" model.

Keywords: COPD · corticosteroids · Eosinophil · Type 2 Inflammation · Precision Medicine