Résumé

Les méningoencéphalites (ME) se définissent comme des processus inflammatoires du cerveau responsables de manifestations cliniques aiguës ou subaiguës comportant des troubles de conscience, des convulsions ou un déficit neurologique central et associées à des anomalies du liquide céphalorachidien (LCR). Cette définition est peu spécifique, car pouvant correspondre à de nombreuses pathologies infectieuses, inflammatoires, métaboliques ou paranéoplasiques. Les virus sont le plus souvent en cause. Trois études multicentriques récentes menées respectivement aux États-Unis, en France et en Angleterre ont permis de mieux connaître l’épidémiologie actuelle des ME. Le pourcentage de causes non identifiées reste élevé, même s’il diminue à 37 % dans l’étude la plus récente. L’amélioration des performances diagnostiques passe par une stratégie plus rigoureuse, telle qu’elle fut appliquée dans les études les plus récentes. Les deux examens clés sont l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) et la polymerase chain reaction (PCR) dans le LCR ou des sites extraneurologiques. La méningoencéphalite herpétique reste la plus fréquente des causes identifiées. Du fait d’une relation entre le pronostic et la précocité du traitement par acyclovir, celle-ci devrait être administrée de manière probabiliste devant toute ME en attendant les résultats de l’IRM et de la PCR. Parmi les virus émergents, beaucoup sont responsables de manifestations neurologiques graves. La connaissance de leur répartition géographique et des principales manifestations cliniques est indispensable à l’ère des voyages intercontinentaux. Devant une ME survenant quelques jours après un épisode infectieux, le diagnostic d’encéphalomyélite aiguë disséminée doit être évoqué.

Mots-clés : Réanimation · Radiographie de thorax · Stratégie de prescription · Radiographie

Abstract

Encephalitis refers to an acute or subacute, inflammatory process affecting the brain in association with clinical evidence of neurologic manifestations such as altered consciousness, seizures or focal disturbances and cerebrospinal fluid abnormalities. This clinical syndrome is associated with a number of infectious, post-infectious, and non-infectious causes. An infection by a virus is the most common and important cause of encephalitis, although bacteria and parasites may sometimes be responsible for this syndrome. Three recent multicentre studies conducted in the USA, France and England, respectively, have shown that extensive testing may substantially reduce the proportion of unknown causes, which still varies from 37 to 70%.Magnetic resonance imaging is the most sensitive neuroimaging test to evaluate patients with encephalitis, while performing nucleic acid amplification by polymerase chain reaction (PCR) of CSF specimens may increase the ability to identify certain etiologic agents. Herpes simplex virus is the most frequent cause of sporadic necrotizing encephalitis and is the most frequently identified pathogen. Since Herpesviral encephalitis is associated with a substantial incidence of mortality and severe disability, early acyclovir therapy should be initiated in all patients with suspected encephalitis, pending results of neuroimaging and PCR testing. The number of emerging infectious diseases (EIDs) and the magnitude of their threat to global health is increasing. Viral EID’s may produce severe neurologic symptoms including encephalitis. In patients with encephalitis and a history of recent illness, the diagnosis of acute disseminated encephalomyelitis should be considered.

Keywords: Intensive care unit (ICU) · Chest-X-ray · Strategy of prescription · Routine · On demand