Résumé

Les infections virales, notamment des voies respiratoires, ne sont pas rares chez les patients non immunodéprimés admis en réanimation. Des tests virologiques comme la polymerase chain reaction (PCR) sont largement disponibles et permettent un diagnostic rapide et efficace. Les Herpesviridae (herpès simplex virus et cytomégalovirus [CMV]) sont les virus les plus fréquemment détectés chez ces patients en réanimation. Cependant, une relation de causalité entre la détection de ces virus et leur éventuel impact en termes de morbimortalité restent controversés, avec un niveau de preuve variable en fonction des virus. Dans cette revue, nous détaillons les arguments en faveur du rôle de ces virus comme agents responsables de pneumonies nosocomiales acquises sous ventilation mécanique (VM) chez le patient non immunodéprimé. Nous discutons aussi des pistes physiopathologiques quant à la survenue de ces infections virales, ainsi que de la place d’un éventuel traitement antiviral.

Abstract

Viral infections (especially respiratory infections) are not rare in critically ill non-immunocompromised patients. Efficient and rapid virologic diagnosis tests such as polymerase chain reaction (PCR) are now widely available. Herpesviridae (herpes simplex virus and cytomegalovirus) are the most frequent viruses detected among non-immunocompromised patients admitted to the intensive care unit (ICU). However, causal relationships between detected viruses and outcomes are still debated, with a variable level of demonstration among the different viruses. The aim of this review was to assess the role of viruses in causing mechanical ventilation-acquired pneumonias in non-immunocompromised ICU adult patients. We also discuss the possible physiopathology of these viral infections, as well as the opportunity for therapeutic interventions.