Résumé
En France, il est rapporté une tentative de suicide toutes les 40 secondes et un décès par suicide toutes les 40 minutes. Première cause de mortalité entre 15 et 45 ans, les conduites suicidaires sont identifiées comme une priorité de santé publique depuis les années 1990. Les maladies mentales (dont la dépression, la schizophrénie et les addictions) ainsi que les antécédents personnels et familiaux de conduites suicidaires représentent des facteurs de risque majeurs. Le dépistage et la prise en charge des sujets en crise suicidaire et/ou suicidants participent à la prévention des récidives. Les recommandations de bonnes pratiques font de l’hôpital, et en particulier des services d’urgences, un lieu incontournable où une prise en charge pluridisciplinaire est possible. De cela découle la nécessité d’organiser une filière de soins depuis l’accueil jusqu’à l’orientation, en passant par une triple évaluation somatique, psychologique et sociale. La mise en place d’un projet de soins hospitaliers et/ou d’un suivi ambulatoire intensif doit être ajustée à chaque situation. La formation des généralistes au dépistage et à la prise en charge des personnes suicidaires et/ou souffrant de dépression est essentielle. Il en est de même des équipes travaillant aux urgences ou dans les services de crises avec dans certains lieux, des spécialisations dans l’accueil des adolescents suicidants ou des personnes âgées. Les urgences sont aussi, dans un grand nombre de cas, le premier contact avec la psychiatrie. La qualité de l’accueil, des premiers soins, des liens avec les différents intervenants hospitaliers et avec les structures d’aval conditionnent l’adhésion de la personne à la prise en charge ultérieure, garantissent la continuité des soins et contribuent à prévenir les récidives.
Mots-clés : Réanimation · Inconforts · Sources de nuisance · Questionnaire · Douleur · Sommeil · Soif · Bruit
Abstract
In France, a suicide attempt is recorded every 40 seconds, and a death by suicide occurs every 40 minutes. Suicide is the primary cause of mortality in people aged between 15 and 45 years. Suicidal tendencies have been identified as a major public health issue since the 1990s. Mental illnesses (including depression, schizophrenia, and addictions) as well as any personal and family history of suicidal behaviour are major risk factors. Identification and treatment of people in a suicide crisis and/or making a suicide attempt can help prevent repeated suicide attempts. Recommendations for good practice make a hospital, and in particular the emergency departments, a requisite location where a multidisciplinary approach is available. This leads to the need to organize a care process from reception to guidance based on an evaluation in three steps: physical, psychological, and social. The implementation of hospital care and/or intensive outpatient follow-up needs to be adjusted to match each situation. Training general practitioners in detection and treatment of suicidal patients and/or those suffering from depression is critical. Training is also necessary for teams in the emergency departments and in the crisis services with specialisation in handling suicidal adolescents or elderly people in some of them. The emergency wards are also, in a large number of cases, the first place of contact with a psychiatric. The quality of welcoming initial cares, relationships between the nursing staff and carers within the hospital and between the downstream organisations will determine to what extent the patients being treated will continue their treatment, will ensure the continuity of care, and will help to prevent repeated attempts.
Keywords: Intensive care · Discomfort · Stressors · Patient-reported outcomes · Pain · Sleep deprivation · Thirst · Noise