Résumé

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) est le terme générique utilisé pour décrire une diminution rapide du débit de filtration glomérulaire (DFG), ainsi que ses conséquences sur les déchets azotés. Les définitions actuelles de l’IRA tiennent compte de la diurèse et de l’élévation de la créatinine plasmatique. Si l’oligurie ou l’anurie peuvent survenir rapidement, elles témoignent aussi bien d’une adaptation rénale à une hypovolémie que de la présence de lésions ischémiques sévères. La créatinine plasmatique est un marqueur des variations du DFG qui n’est ni sensible ni spécifique. Son élévation est, de plus, tardive après agression rénale. Afin de diagnostiquer plus précocement l’IRA, de détecter l’agression rénale ou l’existence de lésions tubulaires, plusieurs marqueurs fonctionnels ou lésionnels ont été développés. Les dosages plasmatique ou urinaire de NGAL (neutrophil gelatinase-associated lipocalin) ou de la cystatine C, le dosage urinaire de KIM-1 (kidney injury molecule-1) ou de la NHE3 (sodium-hydrogene exchanger type 3) sont autant de biomarqueurs proposés, prometteurs dans les études préliminaires, mais dont les études de confirmation tardent à venir. Dans cette revue, nous préciserons les limites aux définitions actuelles de la créatinine plasmatique, les résultats actuels obtenus avec ces nouveaux biomarqueurs et les principales limites à leur utilisation ou à l’interprétation des données disponibles à ce jour.

Abstract

Acute renal failure (ARF) is the generic term used to describe a rapid decrease in the glomerular filtration rate (GFR), as well as its consequent effects on nitrogenous wastes. Current definitions of ARF take into account urine output and increase in serum creatinine levels. If occurring rapidly, oliguria and anuria may correspond to both renal changes as result of hypovolaemia and presence of severe ischemic injuries. Serum creatinine is a marker for variations in GFR, which is neither sensitive or accurate. In addition, its increase is delayed following renal damage. Thus, in order to provide an early diagnosis of ARF and to detect renal damage or tubular injuries, a number of functional and lesional markers have been developed. Plasma and urine NGAL (neutrophil gelatinase-associated lipocalin) and cystatin C concentrations as well as urine as KIM-1 (kidney injury molecule-1) and NHE3 (sodium-hydrogene exchanger type 3) concentrations have been proposed as valuable biomarkers; however, results from confirmatory trials are still not available. In this review, we will discuss the limits in the current definitions of serum creatinine concentrations, the current results obtained with the new biomarkers, and the major concerns that may limit their use and interpretation of the available data.