Résumé
En dépit de son utilisation fréquente en milieu médical, la contention mécanique fait l’objet de controverses aussi bien auprès du grand public, des patients ou de leurs proches que des soignants et de la communauté médicale. Bien que considérée comme une mesure thérapeutique urgente, son rapport bénéfice / risque est souvent équivoque et elle ne dispose pas d’un cadre juridique précis. Avant toute mise en contention, la prise en charge relationnelle est une obligation médicale. Ce n’est qu’en cas d’échec de celle-ci que la contention mécanique sera retenue. Ses modalités doivent s’approcher autant que faire se peut des protocoles utilisés en psychiatrie. Elle repose sur une prescription médicale initiale, l’utilisation d’un matériel homologué et une mise en place par un effectif soignant de cinq personnes dont un coordinateur qui informe le patient des buts et des modalités de la procédure. Elle est encadrée par une surveillance médicale stricte des constantes vitales, des points de contention, de la survenue d’éventuelles complications et une remise en question régulière de son indication par un médecin. Elle est toujours accompagnée d’une sédation médicamenteuse choisie en fonction du contexte de l’agitation: delirium d’origine organique ou toxique, agitation caractérielle, psychiatrique ou mixte. Contention mécanique et sédation sont à considérer comme des mesures avant tout symptomatiques et ne doivent pas faire omettre le traitement étiologique de l’agitation. L’hétérogénéité des pratiques, secondaire au faible niveau de preuve du bénéfice de la contention mécanique en milieu médical, confirme la nécessité de réalisation d’études de meilleure qualité et impose une réflexion éthique spécifique.
Mots-clés : Staphylococcus aureus méticilline résistant · SARM · Unité de soins intensifs · Épidémiologie · Facteur de risque · Prévention
Abstract
Although widely used in medical settings, physical restraint remains a controversial issue for the general public, the patients and their relatives, as well as for the caregivers and the medical community. Physical restraint is considered as an emergency therapeutic decision but lacks a clear legal framework and evidence supporting its benefit-risk ratio remains poor. Before the implementation of physical restraint, a relational approach is warranted. Physical restraint will be undertaken only when this relational approach has failed. It warrants an initial medical prescription, certified devices, and implementation by five caregivers including one coordinator who informs the patient on the procedure, its duration, and goals. Vital signs should be carefully monitored as well as the occurrence of complications. Indication of physical restraint should be regularly challenged by the physician in charge. Physical restraint should be associated with a sedative treatment, which will be chosen according to the context of agitation: delirium due to organic or toxic causes, psychiatric or mixed agitation. Physical restraint and sedation should be considered as merely symptomatic measures and should not delay the etiological treatment of agitation. Heterogeneity of views regarding physical restraint in medical settings, owing to the poor level of evidence supporting its benefit-risk ratio, warrants better studies and the development of a specific ethical framework.
Keywords: Methicillin resistant Staphylococcus aureus (MRSA) · Intensive care units · Epidemiology · Risk factors · Prevention · Infection control