Résumé
Optimiser le confort des patients hospitalisés en réanimation est un objectif majeur pour tout clinicien. La prise en charge de la douleur fait ainsi l’objet d’une attention particulière, mais tel n’est pas le cas de l’inconfort respiratoire en général et de la dyspnée en particulier. Pourtant, les quelques données publiées à ce sujet suggèrent que la dyspnée est fréquente et sévère chez les patients recevant une assistance ventilatoire mécanique. À moyen terme, la dyspnée participe à l’expérience traumatisante que constitue un séjour en réanimation et pourrait contribuer à la genèse du syndrome de stress post-traumatique correspondant. De plus, la dyspnée est associée à un allongement de la durée de ventilation. Outre les stimuli centraux comme la fièvre et l’anémie, les principaux déterminants de la dyspnée en réanimation sont l’anxiété et l’assistance ventilatoire elle-même. Ainsi, dans 35 % des cas, optimiser les réglages du ventilateur diminue l’intensité de la dyspnée. Ces informations plaident pour une intégration de la dyspnée aux schémas de surveillance des patients de réanimation. Ils plaident aussi pour la réalisation de plus larges études évaluant la prévalence et les conséquences de la dyspnée en réanimation ainsi que l’impact de mesures visant à la minimiser.
Mots-clés : Médicament · Variabilité interindividuelle · Pharmacogénétique · Prédiction de la réponse
Abstract
Intensive care unit (ICU) patients are continuously exposed to various unpleasant sensations that are sources of discomfort. Growing attention has been given to the detection and treatment of pain, but not yet to dyspnea. However, growing evidence suggests that dyspnea is frequent and severe in mechanically ventilated ICU patients. Various evidences suggest that dyspnea contributes to make ICU stay a traumatizing experience and also to the genesis of posttraumatic stress disorders. In addition, dyspnea seems to be associated with longer durations of mechanical ventilation. In mechanically ventilated ICU patients, dyspnea is independently associated with anxiety and mechanical ventilation itself. Optimization of ventilator settings alleviates dyspnea, at least in 35% of the patients. Taken together, these data suggest that dyspnea should be monitored on a regular basis in mechanically ventilated patients. Large multicenter studies are needed to determine the prevalence of dyspnea in mechanically ventilated patients and to delineate its clinical consequences. The impact of strategies aiming at reducing dyspnea should also be evaluated.
Keywords: Drug · Interindividual variability · Pharmacogenetics · Prediction of drug response