Résumé

Le diagnostic de pneumopathie médicamenteuse (PM) est un diagnostic d’élimination reposant sur des critères chronologiques et sémiologiques (imputabilité intrinsèque) et des critères bibliographiques (imputabilité extrinsèque). En réanimation, la fréquence de survenue des PM graves est difficile à évaluer, principalement du fait d’une difficulté pour obtenir un diagnostic de certitude. Dans les situations de pneumopathies hypoxémiantes bilatérales et après avoir éliminé les causes les plus communes (infection et œdème pulmonaire cardiogénique), la PM doit être évoquée systématiquement, car elle serait impliquée dans environ 10 % des syndromes de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Parmi les 400 médicaments connus comme « pneumotoxiques » et cités sur le site pneumotox.com, une centaine d’entre eux ont été décrits comme pouvant donner des SDRA, parmi lesquels les plus fréquemment en cause sont l’amiodarone, les chimiothérapies et les thérapies ciblées.

Mots-clés : Artésunate · Paludisme · Plasmodium falciparum · Réanimation · Quinine

Abstract

The diagnosis of drug-induced lung disease (DILD) is a diagnosis of exclusion based on chronological and semiological criteria (intrinsic accountability) as well as bibliographic criteria (extrinsic accountability). In the intensive care unit, DILD incidence is difficult to assess because of the difficulty in obtaining a definitive diagnosis. In case of severe bilateral pneumonia and after ruling out the most common etiologies (infectious and cardiogenic pulmonary edema), DILD should be systematically suspected as involved in about 10% of acute respiratory distress syndromes (ARDS). Out of the 400 drugs known as “pneumotoxic” and mentioned on pneumotox.com website, about one hundred (including amiodarone, chemotherapy, and targeted therapies) has been described as able to result in ARDS.

Keywords: Artesunate · Malaria · Plasmodium falciparum · Intensive care · Quinine