Résumé
L’infection liée aux cathéters veineux centraux, événement grave en grande partie évitable, est la principale cause de bactériémie nosocomiale. Les bactériémies associées aux cathéters et liées aux cathéters doivent être bien distinguées. En l’absence de signes locaux patents, de sepsis sévère, d’immunodépression ou de matériel prothétique en place, la réalisation d’hémocultures qualitatives comparatives par le cathéter et en périphérie peut faire le diagnostic d’implication du cathéter sans obliger à son ablation.
Des taux de bactériémies liées aux cathéters (définition du consensus français) supérieurs à 1 pour 1000 journéescathéters doivent être considérés comme inacceptables. La mise en place d’un programme de prévention en réanimation est réalisable et le plus souvent efficace pour faire diminuer les taux d’infections, motiver et restructurer les équipes de soins. Si les taux d’infections sont élevés, la mise en place de mesures simples (renforcement de l’hygiène des mains, asepsie chirurgicale à la pose, solutions antiseptiques contenant de l’alcool, voie sous-clavière préférentielle, procédure d’entretien des cathéters et des lignes de perfusion, réfection immédiate des pansements souillés ou décollés, ablation des cathéters inutiles) et adaptées au mode de fonctionnement du service sont efficaces. Une gouvernance claire et une rétroinformation sont indispensables au succès de ces programmes d’amélioration de la qualité des soins. Si les taux restent élevés, ou si l’on veut aller plus loin, les pansements imprégnés de chlorhexidine permettent de diminuer encore le risque d’infection. L’utilisation des cathéters imprégnés d’agents antimicrobiens doit être limitée aux situations d’échec de la politique globale de prévention.
Mots-clés : Biofilm · Pneumopathie acquise sous ventilation mécanique · Sonde d’intubation · Prévention
Abstract
Central-vein catheter related infection is the main cause of nosocomial bloodstream infections. It is a severe adverse event accessible to preventive measures. Centralline-associated bacteremia and catheter-related bloodstream infections (CR-BSI) are distinct. CR-BSI rates greater than 1 per 1000 central-vein catheter-days (definition according to the French consensus) are no longer acceptable. In the absence of local signs, severe sepsis, immunosuppression, prosthetic materials, catheters can be maintained safely and peripheral cultures as well as cultures from the catheter blood be performed.
Continuous quality improvement program is feasible in the intensive care unit (ICU), most often effective in decreasing the rate of infection, and important for motivating and structuring the staff. If the basal level of infection is high, simple measures (improvement of hand hygiene, strict surgical aseptic condition at catheter insertion, preferential use of the sub-clavian access, use of alcohol-based disinfectants, procedure for line and dressing maintenance, immediate replacement of moistened, soiled or disrupted dressings, removal of useless catheters) that can be adapted to the ICU uses are effective. Leadership and feedback are key-elements of success of the continuous quality improvement program. If the rate of infection remains high, antiseptic-impregnated dressings are effective in its reduction. Anti-infective-impregnated catheters use should be limited to the failure of the global program.
Keywords: Biofilm · Ventilator-associated pneumonia · Endotracheal tube · Prevention