Résumé
Le diplôme d’État permet aux infirmiers d’assurer la surveillance du patient ventilé mais la modification des réglages des respirateurs ne leur est autorisée que sur prescription médicale. Il existe un décalage entre la formation initiale des infirmiers et les compétences et savoirs requis pour exercer en réanimation. Les formations proposées aux infirmiers déjà diplômés, hétérogènes et non systématiques, ne leur permettent pas de modifier les réglages du respirateur. Le développement d’une formation spécifique et systématique de réanimation, en offrant un niveau de formation minimal et plus homogène sur les techniques de réanimation, pourrait déboucher sur une implication plus importante des infirmiers concernant la ventilation artificielle. Le rôle premier de l’infirmier est la surveillance rapprochée et continue du patient. Une formation complémentaire permettrait une vision plus exhaustive du patient, corollaire d’une surveillance plus personnalisée, efficace et d’une ventilation optimisée. Le contexte de travail actuel des infirmiers de réanimation, caractérisé par un turnover important et des effectifs réduits au minimum rendent difficilement envisageable une formation systématique chronophage. La modification des réglages du respirateur par les infirmiers ne pourrait donc être possible qu’avec le recours à des procédures de soins formalisées. Le recours à de telles procédures est-il souhaité par les équipes de réanimation ?
Abstract
The French nursing diploma allows nurses to monitor mechanical ventilation but changes in ventilator settings are subject to medical prescriptions. A gap exists between initial training and knowledge and skills actually required to work in an intensive care unit (ICU). Available post-diploma training is diverse and non-compulsory and still does not give them the right to change ventilator settings. Developing specific and systematic intensive care training to a guaranteed level and a more standardised intensive care practice may improve involvement of nurses in mechanical ventilation. The nurse’s main role is to provide a close and continual monitoring of the patient. Additional training would allow more comprehensive understanding of the patient’s needs, which is essential to a more personalised, efficient, and optimal ventilation. The current work environment of ICU nurses, including staff shortage and high turnover, makes it difficult to organise a time-consuming compulsory training. Changes of ventilator settings by nurses would only be possible based on strict nursing procedures. Is that kind of procedures what really nurses and ICU teams want?