Résumé
Les infections fongiques invasives (IFI), aspergilloses (AI) et candidoses (CI) essentiellement, ont vu leur fréquence augmenter ces dernières décennies en réanimation. Leur pronostic est directement en rapport avec la précocité du traitement antifongique. Or, les techniques microbiologiques conventionnelles donnent des résultats trop tardifs pour permettre cette rapidité thérapeutique, voire sont mises à défaut: 50 % des CI s’accompagnent ainsi d’hémocultures négatives. Il est donc nécessaire d’appuyer les stratégies de traitement précoce sur l’utilisation de nouveaux outils, dont les biomarqueurs. Ceux-ci sont dérivés de composants structuraux, enzymatiques ou métaboliques des champignons. Les biomarqueurs commercialisés utilisables en routine sont pour l’instant des antigènes (Ag) polysaccharidiques de paroi ou les anticorps (Ac) les reconnaissant. Parmi ceux-ci, le β-D-1,3-glucane est un marqueur ubiquitaire, utilisable pour la CI, l’AI mais aussi la pneumocystose. Il semble précoce, sensible, mais peu spécifique pour les patients de réanimation. À l’inverse, le mannane est un Ag spécifique de Candida et de ce fait spécifique pour le diagnostic de CI, mais peu sensible et moins précoce que le β-D-1,3-glucane. Le galactomannane est lui spécifique d’Aspergillus et représente un biomarqueur assez sensible, précoce et spécifique des AI, malgré de nombreuses causes de faux-positifs. Les Ac correspondant à ces Ag ont des performances imparfaites, mais leur cinétique, inverse de celle des Ag, peut être intéressante à suivre. L’utilisation de ces biomarqueurs dans le cadre d’une stratégie de traitement préemptif ou à l’inverse pour limiter des traitements empiriques non justifiés pourrait permettre de rationaliser les prescriptions d’antifongiques tout en améliorant la précocité des traitements. Les progrès à venir dans leur utilisation reposent sur l’utilisation d’autres cibles moléculaires et sur des techniques de dosage exploitant les avancées biotechnologiques.
Mots-clés : Épreuve d’effort cardiorespiratoire · Ergospirométrie · Transplantation hépatique · Capacité aérobie
Abstract
The incidence in the intensive care unit of invasive fungal infections, including invasive aspergillosis (IA) and candidiasis (IC), increased during these last decades. Outcome remains tightly linked to the delay of treatment administration. Routine microbiological techniques give too late results to allow prompt antifungal therapy. They are even sometimes unable to diagnose the infection since almost 50% of the blood cultures are negative in IC. Therefore, other tools like biomarkers are needed to help building new therapeutic strategies. Biomarkers derive from structural, enzymatic, or metabolic components of fungi. Polysaccharide antigens from the cell wall or antibodies recognizing them can be routinely used. β-D-1,3-glucan is an ubiquitous biomarker, useful for IC, IA, and pneumocystis pneumonia diagnosis. It becomes early positive and represents a sensitive but not a specific biomarker. At the opposite, mannane is an antigen from Candida, specific but not sensitive for IC diagnosis and becoming positive later in the infection course than β-D-1,3-glucan. Galactomannane is specific and quite sensitive for Aspergillus. It becomes early positive for IA diagnosis, despite numerous causes of false positivity. Related antibodies have variable performance, but their kinetics appears interesting to follow-up. The use of these biomarkers for preemptive treatments or at the opposite to decrease the number of empiric prescriptions may help rationalizing antifungal management and increasing the rapidity of treatment administration. Further progresses are expected, relying on new molecular targets and assays based on new biotechnologies.
Keywords: Cardiopulmonary exercise testing · Liver transplantation · Aerobic capacity