Résumé

En France, le paludisme grave d’importation concerne environ 12 à 14 % des accès palustres et implique très majoritairement Plasmodium falciparum. À partir de la définition du paludisme grave de l’Organisation mondiale de la santé utilisée en zone d’endémie palustre, la définition française du paludisme grave d’importation de l’adulte a été adaptée aux données et au contexte européens. La prise en charge du paludisme grave est une urgence diagnostique et thérapeutique qui doit être réalisée initialement en réanimation. Le traitement curatif du paludisme grave d’importation repose maintenant sur l’artésunate intraveineux (IV) qui doit être disponible dans chaque hôpital susceptible de recevoir ces patients. Dès lors, la quinine IV devient un traitement de seconde ligne réservé à quelques circonstances. La prise en charge symptomatique des défaillances d’organes est primordiale, notamment au cours des formes les plus sévères. Enfin, aucun traitement adjuvant n’a prouvé, à ce jour, son efficacité en pratique clinique.

Abstract

In France, severe imported malaria concerns around 12–14% of the malaria episodes, mainly due to Plasmodium falciparum. From the WHO definition of severe malaria in endemic areas, the French definition of severe imported malaria has been elaborated considering an European context. Severe malaria is a diagnostic and therapeutic emergency and the initial management must be conducted in intensive care unit. The curative treatment of severe malaria is based on intravenous artesunate, which now must be available everywhere in France. Consequently, intravenous quinine is a second line treatment, with some residual indications. Management of organ dysfunctions in intensive care unit remains crucial, particularly during the most severe forms of imported malaria. Currently, no adjunctive therapy has proved its effectiveness in clinical practice.