Résumé

Les indications de l’épuration extrarénale (EER) dans le contexte d’insuffisance rénale aiguë en réanimation sont débattues avec une certaine passion. Il est évident que les situations qui peuvent menacer immédiatement le pronostic vital (hyperkaliémie ou acidose métabolique réfractaire et sévère ou oedème pulmonaire de surcharge chez le patient anurique) nécessitent un recours urgent à l’EER. Hormis ces situations extrêmes, des études de haut niveau de preuve ont récemment montré que retarder l’indication de l’EER n’affecte pas la survie des patients et pourrait même favoriser la récupération de la fonction rénale par comparaison à une EER trop précoce. Cette mise au point se propose de discuter les risques théoriques liés au fait de différer l’EER et s’attache à montrer qu’ils constituent plus des craintes que des réalités.

Mots-clés : Transplantation rénale · Réanimation · Immunosuppression · Sepsis · Insuffisance respiratoire aiguë · Insuffisance rénale aiguë · Prise en charge

Abstract

Renal replacement therapy (RRT) indication in the context of acute kidney injury (AKI) in intensive care unit is a subject of intense debate. Life-threatening conditions such as refractory and severe metabolic acidosis, refractory and severe hyperkalemia, and severe pulmonary edema, require urgent RRT initiation. In other conditions, high quality studies have recently shown that RRT initiation strategies (early or delayed) do not influence patient survival. Nevertheless, recent data suggest that early RRT initiation could be associated with deleterious effects on renal function recovery. However, some misconceptions persist about the consequences of delaying RRT. This review proposes to discuss putative risks associated with delayed RRT and contends that they are far from constituting a real threat to patients.

Keywords: Kidney transplantation · Intensive care · Immunosuppression · Sepsis · Acute respiratory failure · Acute kidney injury · Management